Rentrée 2026 : ce que le dernier Conseil d'école dit de notre mairie
Les questions des familles restent sans réponse
L'heure est aux cartables neufs et aux premiers pas dans la cour pour nos pitchouns. Une belle rentrée, on l'espère à tous, pleine de curiosité et de bonne humeur.
C'est aussi l'occasion de revenir sur le dernier Conseil d'école de l'année écoulée, celui du 29 juin, dont le compte-rendu mérite d'être connu de tous les saint-brésois.
Car derrière les sujets habituels de fin d'année - effectifs, projets de classe, coopérative scolaire - ce Conseil d'école a surtout révélé la manière dont la municipalité traite les remontées des enseignants et parents.
Une mairie absente au moment où les questions sont posées
Aucun élu municipal ne s'est présenté ce soir-là.
Ni le maire, ni les élus chargés des affaires scolaires, ni le DGS n'ont participé à la réunion.
Tous étaient excusés pour des « raisons impératives d'emploi du temps ». Selon les éléments dont nous disposons, le Maire et plusieurs élus tenaient au même moment une réunion à laquelle avait été convoqué le président de la Mini Boule.
Le choix du calendrier interroge : Un Conseil d'école est précisément le lieu où les représentants des parents, les enseignants et la municipalité peuvent échanger directement sur les conditions d'accueil, de sécurité et de bien-être des enfants. Ce soir-là, des questions importantes étaient posées depuis plusieurs mois : ombrage de la cour, sécurité des rambardes, état de la pelouse synthétique, équipements des sanitaires, accès à la cantine…
Les parents élus et les enseignants étaient présents. La municipalité, elle, a fait le choix d’une autre réunion. Pour nous ce n’est pas une simple question d’agenda, c’est une question de priorité.
La Mairie a communiqué ses réponses par écrit. Ce courrier, annexé au procès-verbal, mérite d'être examiné.
Lire le Procès-verbal du Conseil d'école du 29 juin
Lire le courrier de la municipalité
Une réponse qui interpelle
Sur plusieurs problèmes matèriels signalés dans l'école : un panneau d'évacuation désencastré, des paniers de basket tordus, une pelouse synthétique dont les clous ressortent, un portillon mis hors d'usage, la réponse municipale retient une explication unique : c'est la faute des élèves. Le courrier parle d'« actions de saccage » et de « fauteurs de trouble très certainement identifiés ».
Nous disposons d'éléments qui invitent à la prudence sur ce diagnostic. Nous ne contestons évidemment pas qu'une collectivité puisse être confrontée à des dégradations et qu'elles doivent, lorsqu'elles sont avérées, être traitées. Les constats que nous avons pu faire sur place, notamment concernant la pelouse synthétique, soulèvent des interrogations sur son état, sa pose et son entretien. Avant de désigner des responsables, il nous paraît donc indispensable d'établir les faits. Et lorsqu'il s'agit d'enfants de l'école élémentaire, les mots employés comptent.

Ce n'est pas un détail de forme. Le maire et ses adjointes accusent des enfants de CP à CM2 d'avoir orchestré des « actions de saccage », sans apporter, à notre connaissance, les éléments qui permettraient d'établir précisément l'origine de chaque dégradation. Une accusation qui met aussi en cause, également, le travail de surveillance des équipes enseignantes. Extrait choisi :
"Cette situation est INADMISSIBLE
Les fauteurs de trouble sont très certainement identifiés mais ils continuent leur œuvre de destruction systématique, montrant ainsi le mauvais exemple aux plus jeunes qui continueront de ce fait à perpétrer les actes répréhensibles mais impunis de leurs aînés."
Parler d'« actions de saccage » et de « fauteurs de trouble » n'est pas anodin. Pas plus que de mettre indirectement en cause la surveillance exercée par les équipes enseignantes.
Nous attendons de la municipalité qu'elle apporte des faits, des réponses et des solutions - pas qu'elle cherche systématiquement des coupables.
Ce n'est pas seulement notre lecture
C'est un point particulièrement important.
Le procès-verbal du Conseil d'école consigne lui-même l'étonnement exprimé par les représentants des parents d'élèves et les enseignants face à certaines formulations de la réponse municipale.
Ils ont notamment estimé que celles-ci pouvaient mettre en cause « l'engagement professionnel des personnels ».
Ils ont également exprimé le souhait que les échanges puissent se poursuivre « dans un climat de confiance et de respect mutuel ».
Ces remarques ne viennent donc pas de notre groupe politique. Elles figurent dans le compte-rendu d'une instance réunissant les professionnels de l'école et les représentants des familles.
Quand les personnes directement concernées demandent elles-mêmes davantage de confiance et de respect dans les échanges avec leur mairie, cela mérite d'être entendu.
Des demandes concrètes et légitimes qui restent sans réponse satisfaisante
Au-delà de la question des dégradations, plusieurs demandes formulées par les parents et l'équipe pédagogique appellent encore des réponses.
Des sanitaires adaptés aux enfants
Avec un ratio annoncé d'environ un WC pour 60 enfants côté cour, les représentants de l'école ont soulevé une difficulté de fonctionnement.
La réponse municipale renvoie vers les blocs sanitaires situés à proximité des classes.
Mais cette réponse ne règle pas, à nos yeux, la question du flux des enfants qui avait été soulevée.
Un point d'eau extérieur
La demande d'installation d'une vasque permettant aux enfants de boire ou de se rafraîchir à l'extérieur a été refusée au motif que les enfants doivent apporter une gourde.
Sur le papier, la gourde est évidemment utile.
Mais dans une cour d'école, notamment lors des fortes chaleurs, la question de l'accès pratique à l'eau mérite mieux qu'une réponse administrative.
Un brise-vue côté urinoirs
La demande a également été refusée, la municipalité considérant les installations existantes suffisantes.
Là encore, nous aurions préféré que la réponse parte d'une question simple : les enfants et les équipes considèrent-ils réellement ces installations satisfaisantes ?
Un portillon d'accès vers la cantine toujours hors d'usage
Le portillon reliant le chemin du handicap à la cantine est actuellement inutilisable. La municipalité indique qu'il ne sera pas remplacé en raison du « coût exorbitant de la réparation ».
Lorsqu'un équipement facilite l'accessibilité d'une école, nous pensons qu'il devrait au minimum faire l'objet d'une solution permettant de garantir effectivement cet accès.
L'ombrage : deux ans après, toujours « à l'étude »
C'est probablement le dossier qui résume le mieux le problème.
La question de l'ombrage de la cour n'est pas nouvelle. Elle a été soulevée à plusieurs reprises et une solution devait être recherchée pour améliorer rapidement le confort des enfants, dans l'attente d'aménagements plus importants.
Aujourd'hui, la municipalité indique que le projet de structure métallique végétalisée est toujours « à l'étude » et qu'il devra notamment faire l'objet d'une autorisation d'urbanisme.
Pendant ce temps, l'école Jean de La Fontaine, livrée il y a deux ans, dispose toujours d'une cour dont l'ombrage reste manifestement insuffisant.
Dans notre région, où les épisodes de fortes chaleurs deviennent récurrents, anticiper le confort d'été des enfants ne devrait pas être considéré comme un sujet secondaire. Une école neuve aurait dû intégrer cette question dès sa conception.
Et deux ans après sa livraison, les familles sont toujours en attente d'une solution pérenne.
Quant à la solution provisoire installée en fin d'année scolaire, un simple parasol, son état et sa stabilité interrogent au regard de l'usage quotidien qui en est fait :


Si les 15 000 € évoqués correspondent bien à l'enveloppe prévue pour cette solution provisoire, les familles sont en droit de se demander comment une dépense de cette ampleur peut être engagée pour un dispositif qui ne règle toujours pas durablement la question de l'ombrage.
Nous demandons désormais un calendrier précis, public et engageant pour ce dossier.
Une question de méthode
Au fond, le problème dépasse largement quelques équipements à réparer.
Une mairie peut être confrontée à des dégradations. Elle peut manquer de budget. Elle peut devoir arbitrer entre plusieurs urgences. Mais elle doit aussi savoir entendre les remontées du terrain.
Quand des enseignants signalent un problème, quand des parents demandent une amélioration, quand un équipement pose une difficulté de sécurité ou d'accessibilité, la première réponse devrait être de regarder le problème, d'en établir précisément la cause et de chercher une solution.
Pas de renvoyer systématiquement la responsabilité vers les enfants, les familles ou les équipes éducatives.
Ce que nous demandons
Nous ne demandons pas à la municipalité de nier les problèmes ou de fermer les yeux sur les dégradations.
Nous lui demandons simplement :
- de répondre clairement aux questions posées par les familles et les enseignants ;
- de vérifier objectivement l'origine des dégradations constatées ;
- de garantir la sécurité et l'accessibilité des équipements ;
- de prendre au sérieux les conditions d'accueil des enfants ;
- et surtout, de tenir les engagements pris sur l'ombrage de la cour.
Le Conseil d'école du 29 juin a montré une chose : les familles et les équipes éducatives demandent avant tout à être entendues et respectées.
Deux ans après la livraison de cette école, il est temps que la municipalité apporte des réponses concrètes.
Nous continuerons à suivre ce dossier et à rendre publics les éléments dont nous disposons.
Parce qu'à Saint-Brès comme ailleurs, les enfants ont besoin d'une école sûre, adaptée et confortable - pas de polémiques, mais des solutions.
Un Nouveau Souffle pour Saint-Brès
